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VOIEBOUDDHISTE

Je vous souhaite à toutes et tous la bienvenue sur ce blog complètement dédié à la philosophie bouddhiste. Je le crée pour faire partager celle-ci à toutes personnes intéressées par le bouddhisme. Je n'ai pas la prétention de maîtriser le sujet comme le maîtriserait les Lamas. Je vous fais part de mon acquit et je suis ouvert à tout commentaire, pourvu qu'il soit constructif.
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 L'octuple noble sentier ou la voie du milieu Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Ariya Atthangika Magga

 

L'octuple noble sentier préconise huit conduites propres à développer l'attention et la connaissance. Son exposé fait suite à celui des quatre nobles vérités

Il s'agit de :

1 La compréhension juste
2 La pensée juste
3 La parole juste
4 L'action juste
5 Les moyens d'existence justes
6 L'effort juste
7 L'attention juste
8 La concentration juste

Il ne faut pas limiter l'acception de "juste" (
sammâ)au sens d'équitable, mais au sens de précis, de mesuré et n'engendrant d'effets négatifs. Juste, c'est aussi "nécessaire et suffisant", efficace. Juste, c'est encore "ni trop, ni trop peu" où on retrouve le juste milieu, c'est-à-dire la voie du milieu.



 

1 La compréhension juste ~ sammâ ditthi ~


 

Il s'agit de la compréhension dans toutes leurs implications des quatre nobles vérités. Il s'agit de la mesure du sujet qui peut se mettre non pas en retrait du monde, mais simplement à distance.



 

2 La pensée juste ~ sammâ sankappa ~


 

La pensée est entendue comme un effort en soi et comme une action en puissance. La pensée s'inscrit également dans l'enchaînement des causes et des actions. Aussi bien les pensées négatives sont des réactions inadaptées aux problèmes rencontrées, aussi bien elles n'engendrent que des conséquences aussi négatives sinon plus.



 

3 La parole juste ~ sammâ vâcâ ~


 

La parole est une dépense d'énergie et s'inscrit immédiatement dans un réseau complexe de significations et d'interprétations. Chacun a pu mesurer la portée de mots mal placés (et pas nécessairement malveillants) et les conséquences de paroles non explicites, mal comprises, mal énoncées.


Naturellement les paroles blessantes, humiliantes, insultantes, vulgaires et grossières sont à éviter et à proscrire.




 

4 L'action juste ~ sammâ kammanta ~



 

Là encore chacun peut comprendre au quotidien les effets d'actions (ou le défaut d'actions appropriées) se faisant au détriment de soi-même, des autres ou de l'intérêt général (la société occidentale actuelle en est d'ailleurs le triste reflet).



 

5 Les moyens d'existence justes ~ sammâ âjiva ~



 

De tous temps, le bouddhisme s'est illustré dans une longue tradition non violente, proscrivant toute activité commerciale reposant sur l'asservissement ou la destruction.



 

6 L'effort juste ~ sammâ vâyâma ~


 

L'effort juste, c'est l'idée d'un certain travail à accomplir sur soi pour mettre en oeuvre les sept autres voies vers la cessation de dukkha. Il ne s'agit pas de s'anesthésier du monde ni de fusionner avec le monde, mais bien d'être soi-même.



 

7 L'attention juste ~ sammâ sati ~


Avec l'attention juste et la concentration juste on pénètre dans un champ sémantique qui fait référence à la pratique de la méditation.


L'attention juste c'est précisément de ne pas se faire absorber par ce qui vient du monde extérieur, de ne pas se faire ébranler ou heurter par ce qui vient du monde extérieur, mais simplement de noter que ce qui est extérieur quoi qu'il soit est justement définitivement et résolument extérieur.



 

8 La concentration juste ~ sammâ samâdhi ~


 

La concentration juste renvoie à une technique de méditation particulière qui tend à mettre en application les quatre nobles vérités et l'octuple noble sentier au travers d'une connaissance rigoureuse des mécanismes percepto-sensitifs et cognitifs et qui vise à la sortie de l'enchaînement des causes et des effets.


La mise en pratique de ces dispositions ne consiste évidement pas à devenir un benêt, sympathique, souriant, naïf, réservé, passif, timoré et introverti. Non, c'est tout le contraire.


 

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-07-2006 à 16h49

 Les cinq agrégats (Pañcakkhandha) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

La notion des cinq agrégats est une tentative pour rendre compte de la constitution du sujet en tant qu' "être".

Pour la pensée bouddhiste, ce qui fait "l'être" ce ne sont qu'une combinaison d'énergies et de forces mentales et physiques en changement constant. Ces forces sont divisées en cinq familles dits "cinq agrégats".

Il y a un lien entre ces cinq agrégats et la première noble vérité qui expose dukkha(la souffrance). En effet, les cinq agrégats sont les instruments mêmes de l'attachement et donc de dukkha.



La première famille est l'agrégat de la matière ~ rûpakkhanda ~

Il s'agit des quatre éléments fondamentaux (l'air, la terre, le feu et l'eau), leurs différents états (fluidité, solidité et mouvements) et leurs dérivés. Par dérivés, la pensée bouddhiste désigne les organes sensoriels et mentaux (la vue, l'ouïe, l'odorat, l'olfaction, le toucher) et les objets leur correspondant dans le monde (les formes visibles, les sons, les odeurs, les goûts, le contact des objets avec le corps). A ces cinq modes de relation entre une faculté et son pendant dans le monde, est ajoutée un sixième avec l'organe mental d'un côté et les pensées, idées ou conceptions de l'autre.



La deuxième famille est l'agrégat des sensations ~ vedanâkkhanda ~

Toutes les sensations, qu'elles soient agréables, désagréables ou neutres font partie de ce groupe. Ces sensations sont de six catégories : celles issues du contact de la vue avec les objets visibles, de l'ouïe avec les sons, de l'odorat avec les odeurs, de l'olfaction avec les goûts, de l'organe mental avec les pensées.



La troisième famille est l'agrégat des perceptions ~ saññâkkhanda ~

La perception c'est l'identification et la reconnaissance des six catégories de sensations.



La quatrième famille est l'agrégat des formations mentales ~ sankharakkhanda ~

Le bouddhisme met l'accent sur le lien entre formations mentales et volontés ou actions et intègre toutes les actions volitionnelles dans ce groupe (volition = action par laquelle la volonté se détermine). C'est au moyen du corps, de la parole et de l'organe mental que le sujet agit.

De la même manière que pour les sensations et les perceptions, les actions volitionnelles se répartissent en six catégories (voir "agrégat de la matière).

Les actes volitionnels rentrent dans le schéma du kamma, car ils font suite à des actes antérieurs et engendreront à leur tour d'autres actes. Ce ne sont bien entendu pas les sensations et les perceptions en tant que telles qui ont des effets karmiques.

Le bouddhisme a dénombré cinquante deux activités mentales qui forment la famille de l'agrégat des formations mentales. Parmi les plus fréquemment citées et qui elles ont des effets karmiques, on trouve : le désir, la répulsion, l'ignorance, la vanité, l'idée de soi, ... On trouve également : la confiance, la détermination, la volonté, la sagesse, l'attention, la concentration, ...



La cinquième famille est l'agrégat de la conscience ~ viññânakkhandha ~

La conscience est comprise ici comme la compréhension d'une certaine constance d'un certain nombre de réalités ayant pour fondement les facultés sensorielles et l'organe mental et ayant pour objet les données correspondantes du monde physique (formes visibles, sons, odeurs, sensations corporelles) ou mental (idées, pensées).

Il ne s'agit pas d'une identification, d'une reconnaissance figée d'une réalité immuable. Il s'agit tout simplement de prêter attention au fait qu'il y a telle forme, tel parfum, telle sensation, sans y rajouter de valeur ni de jugement.

Prêter attention à la simple apparition sensorielle d'une chose ou d'une pensée sans "intervenir" dans le processus est une démarche fondamentale dans la pensée bouddhiste.

Pour la pensée bouddhiste, la conscience elle-même rentre dans la catégorie des éléments conditionnés, est elle-même en perpétuel changement et est donc appelée à disparaître purement et simplement.

Comme ces composantes de la conscience sont impremanents, ils sont à leur tour dukkha.

Il est important de noter que pour le bouddhisme la notion d' "être" s'arrête là et qu'il n'y a rien d'autre dans la notion d'être que l'ensemble des cinq agrégats. Il n'y a pas un autre "être" ou un autre "moi" derrière ou autour des cinq agrégats qui éprouverait la souffrance ou le plaisir.





Dans l'Attalakkhana Sutta, ce sont les cinq agrégats qui sont successivement énumérés comme n'étant pas le soi.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-07-2006 à 16h54

 Le Karma Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Il n'était pas prévu à priori de rédiger quoi que ce soit sur la notion de karma (en raison de son "exotisme" et de la difficulté du sujet), jusqu'à ce que j'entende des interprétations tellement erronées qu'une petite mise au point m'a paru nécessaire.

L'adhésion complaisante et insouciante de certains occidentaux, admirateurs passionnés de l'Asie, à des interprétations franchement abusives de cette notion de karma doit être dissipée. Il est injuste de continuer à justifier le sort difficile de certaines classes sociales en Extrême-Orient sous le prétexte que leurs actes antérieurs expliqueraient et légitimeraient leur situation présente. Il y a évidemment là un conflit d'interprétation entre une composante de la philosophie bouddhique et une justification socio-politique d'un rapport de classes dans une société donnée.

Rien ne me paraît plus étranger à la pensée bouddhique que de justifier le sort peu enviable, difficile, voire arbitraire, de certains "acteurs" sociaux sur le simple fait que leur karma ne serait pas "bon". Tout d'abord, la dynamique de la pensée bouddhique n'est pas régressive, ni rétroactive, mais projective, ensuite, l'intervention et l'action du sujet doivent permettre une maîtrise du cours des choses et non une "fatalisation" qui serait devenue implacable, enfin, il y a une réintroduction d'une espèce de manichéisme médiocre entre "bon" karma et "mauvais" karma, qui n'a strictement rien à voir avec la pensée bouddhique.

Si certains européens ont envie, malgré tout, de justifier et d'appuyer le féodalisme brutal et violent qui règne encore dans la plupart des sociétés extrême-orientales (malgré l'habillage élégant du "raffinement légendaire" et des "traditions millénaires"), qu'ils veuillent bien aller chercher ailleurs leur argumentaire.

Au delà de cet aspect, il est vrai que la notion de karma est différemment vécue par les populations des différents pays où il s'est implanté. En Asie du sud-est, les spécialistes du boudhisme ont à juste titre distingué deux bouddhismes, le bouddhisme karmique et le bouddhisme nibbanique. Le bouddhisme karmique est le fait de larges parties de la population qui se préoccupent surtout des effets karmiques des actions présentes ou passées et de l'accumulation de mérites au travers de tout un ensemble de pratiques sociales en direction de la communauté bouddhiques.



Qu'est-ce donc que le Karma ?


On l'aura compris, le karma n'est pas cette forme de déterminisme qui conditionnerait l'existence des individus d'une vie à l'autre et ce de réincarnation en réincarnation. Le bouddhisme n'est d'ailleurs pas catégorique sur la notion de réincarnation.

Le karma, c'est simplement l'idée que ce qui est vécu par le sujet n'est pas forcément l'émergence d'une situation entièrement nouvelle, mais peut être le produit d'un ensemble d'actions, de faits, d'événements vécus antérieurement par ce même sujet. Le travail de connaissance consiste non pas à trouver une explication arbitraire, mais à remonter aux causes de la situation vécue pour mieux la comprendre et mieux la maîtriser. De la même manière, les actes réalisés aujourd'hui auront des effets plus tard, qu'on doit être en mesure d'évaluer.


Cette vision historique du vécu antérieur du sujet comme déterminant dans la vie future, où les événements ont d'autant plus d'importance que le sujet n'était pas en mesure de se "défendre" ou d'apporter des réponses appropriées, est aussi l'un des éléments fondateurs de la pensée psychanalytique. L'aspect thérapeutique ne consiste pas à effacer ou a éradiquer, mais d'une part à connaître et à reconnaître ces événements dans le passé au travers d'un travail sur soi et d'autre part à découvrir la cohérence qui fait que ces événements agissent dans la vie présente. (Il y a naturellement un développement à cette méthode où le sujet doit accéder à un certain type de maîtrise qui doit lui permettre de faire en sorte que ces événements ne soient plus pathogènes).


  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-07-2006 à 17h10

 Présentation du Dalaï Lama Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Le Dalaï-Lama est la manifestation du Bouddha de la Compassion qui a choisi de se réincarner pour servir l'humanité. Dalaï-Lama signifie 'Océan de sagesse'.

Le Dalaï-Lama est le chef spirituel et temporel du peuple tibétain. Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï-Lama, est né le 6 juillet 1935 à Takhster, un petit village au nord-est du Tibet, dans une famille de petits paysans. Reconnu à l'âge de 2 ans selon la tradition tibétaine comme réincarnation du 13ème Dalaï-Lama, il a été intronisé le 22 février 1940 à Lhassa, la capitale du Tibet. Il est Geshe Lharampa, c'est-à-dire docteur en philosophie bouddhiste.

Le 7 octobre 1950, les forces chinoises, avec à leur tête Mao Ze Dong, envahirent le Tibet. Sa vie étant en danger, le Dalaï-Lama trouva refuge en Inde en 1959 avec quelques milliers d'autres Tibétains qui le suivaient.Depuis, il ne cesse de plaider en faveur d'une solution négociée de la question tibétaine. En 1989, ses efforts furent couronnés par le Prix Nobel de la Paix.

Mais le Tibet est toujours occupé et la culture de son peuple de plus en plus menacée d'éradication.

Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu'il est un simple moine, ni plus ni moins. Dans son exil à Dharamsalla au nord-ouest de l'Inde, il s'adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences, à l'occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour rencontrer des hommes politiques.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-07-2006 à 17h39

 Introduction à la méditation avec mantra Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Historique

Les mantras sont des mots ou des phrases utilisés comme objets de méditation; ils sont prononcés à voix haute ou intériorisés. Les mantras sont souvent associés à des figures particulières de la mythologie bouddhique dont les qualités peuvent être cultivées par la répétition du mantra s'y rapportant.

La méditation avec mantra a probablement précédé l'apparition du bouddhisme de plusieurs centaines d'années. L'origine des mantras remonte au moins à la tradition védique qui a précédé le Bouddha. Les mantras étaient alors utilisés comme des incantations pour influencer, voire pour maîtriser les dieux.

Tout au long de l'histoire, il y a eu des cultures qui ont cru au pouvoir sacré des mots, qui ont cru que le fait de prononcer certains mots ou noms permettait de maîtriser le monde extérieur, d'exercer un pouvoir sur les forces invisibles comme les dieux ou les esprits qui, selon elles, régissaient le monde. Ceci se retrouve dans le mot anglais « spell » qui signifie à la fois « épeler » un mot » et « un charme », c'est-à-dire l'usage de mots pour maîtriser le monde. Les mots « grammaire » et « glamour » ont la même racine. « Gramma-techne » était le mot grec pour la science ou l'art des lettres. Ceci se retrouve dans le mot anglais « grammar » (grammaire), mais se retrouve aussi en dialecte écossais sous la forme « glammer » qui signifie « jeter un charme ». Le mot « glammer » est devenu « glamour » en anglais comme en français, où il a pris une connotation moderne associée à la romance et à l'esthétique. Ainsi les langues modernes contiennent à l'état de fossile la notion selon laquelle les mots peuvent avoir des pouvoirs magiques.

Ceci a toujours été particulièrement vrai pour les noms propres. Dans l'Inde ancienne, on croyait que si l'on connaissait le véritable nom des dieux, on pouvait s'adresser à eux et les forcer à exaucer des vœux. Si cela vous semble primitif, imaginez ce que vous ressentiriez si vous appreniez que quelqu'un a écrit votre nom sur un bout de papier, l'a jeté dans les toilettes avant d'y faire ses besoins puis a tiré la chasse. Il semble qu'aujourd'hui encore la plupart d'entre-nous croyions au caractère particulier des noms propres.

Bien que le bouddhisme ancien ait utilisé la psalmodie en tant que pratique religieuse et utilisé la récitation des versets comme moyen de cultiver la prise de conscience des qualités du Bouddha (buddhanusati), les mantras n'ont véritablement été utilisés dans le bouddhisme qu'à partir de l'essor des écoles du Mahayana. Celles-ci ont incorporé des éléments d'une approche non bouddhique de la spiritualité appelée le tantrisme. Le tantrisme faisait grand usage des mantras comme moyen d'être en contact avec les dieux et de les influencer, et le bouddhisme a intégré cette méthode en tant que moyen d'entrer en contact avec les qualités d'éveil des différentes déités. Le Mahayana avait déjà développé tout un « panthéon » de figures symboliques à forme humaine pour représenter la diversité de l'état d'éveil. Etant donné le contact très proche avec les traditions tantriques, il est naturel que ces Bouddhas et Bodhisattvas archétypes aient été associés avec des syllabes et des mantras particuliers.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-07-2006 à 17h57


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  Blog créé le 08-07-2006 à 15h44 | Mis à jour le 08-07-2006 à 18h34 | Note : 2.00/10