Vie du prince Gautama ou de Bouddha.
550 ans avant Jésus Christ naissait à Kapilavastu, dans un petit État situé au sud du Népal actuel, le Prince Siddharta, le futur Bouddha. Ses parents lui assurèrent une jeunesse dorée où toute contrariété lui fut épargnée, (une situation similaire à celle que connaît notre Jeunesse actuelle). Aussi, à l'adolescence, déguisé en domestique, il sortit en cachette en ville et découvrit toutes les misères du monde. Un soir, il croisa un vieillard moribond, un homme atteint de la peste noire, un autre qui poussait des cris de douleur et un cadavre qu'on portait sur un bûcher. Il eut alors un choc et décida de changer sa destinée. Il fallait trouver un remède pour soulager les douleurs que subissaient les plus malheureux des hommes!
Une nuit, il quitta le palais définitivement et se joignit à un groupe de moines qui prêchaient la bonne parole de ville en ville. Il changea à plusieurs reprises de sectes. Les unes prêchaient la miséricorde mais les moines en profitaient pour faire ripaille avec la recette, d'autres prônaient jeûnes et privations, mais cela n'apportait rien de positif, ni au corps, ni à l'esprit. Alors il partit seul et quelques amis se joignirent à lui. Sans dogme on ne pouvait haranguer la foule et subsister.
Un soir près de Gaya, il sentit venir à lui la révélation de ce qu'il cherchait depuis longtemps et qu'on a appelé depuis l'Illumination. Il s'assit sous un figuier et décida de ne pas se relever avant d'avoir tout compris =
Parmi les êtres vivants, les plantes et les animaux, nous sommes les seuls à avoir une conscience. Nous ne pouvons vivre qu'au dépend de la vie des autres espèces. Ce qui nous conduit cerains à accumuler des richesses ou des biens au bénéfice du clan ou de la famille! Si nous disposons de la pensée, nous restons bien inégaux quand à son utilisation! Nous sommes plus aptes à nous occuper des autres qu'à essayer de corriger nos défauts. L'espèce humaine est-elle condamnée à utiliser des comportements dignes du monde animal?
En effet, dans le monde, il y a les animaux, des êtres dépourvus de conscience et donc non responsables de leurs actes, pour qui les malheurs de l'existence sont sans explication. Il y a des individus dépourvus de morale qui sont capables d'accomplir les plus sombres méfaits pour satisfaire leurs désirs. Il y en a d'autres qui, bien que non méchants, sont cupides et travaillent pour s'enrichir (sans succès parfois) et enfin il y a ceux comme lui qui souhaitent une existence où l'individu, dépassant son cas personnel, recherche une vie saine, en harmonie avec la nature, les animaux et surtout les autres hommes. De plus, cette force morale doit placer la conscience à un niveau où les misères terrestres sont contrôlées par l'esprit et sans effet sur notre mental. Ainsi la douleur et toutes les misères terrestres pourront être dominées. L'esprit de la conscience s'élèvera au niveau des dieux tels qu'on pouvait les imaginer à cette époque = des êtres hors des vicissitudes humaines et en dehors du temps.
Ce jour-là, il définit les douze étapes qui marquent la vie d'un individu = la découverte des 5 sens, de la connaissance, de l'amour, la création d'une famille, l'accumulation de biens, etc. De plus la vie n'est-elle pas qu'une suite ininterrompue de naissances et de renaissances. Cette conscience qui nous est donnée à la naissance, si elle est bien utilisée, si elle est progressivement enrichie par la connaissance, par l'humanisme et par beaucoup de générosité, elle transcende l'humain vers un niveau de bonheur bien supérieur encore. Ainsi toute action, toute parole, correspond à une énergie qui aura un effet soit positif (vers dieu ou un idéal de l'homme), soit négatif (vers l'animal) suivant qu'elle fera le bien ou le mal. De même notre conscience laissera son empreinte dans l'esprit des générations futures. On dira donc qu'elle ne meurt pas.
Quand le Bouddha eut définit les misères de l'homme, leurs causes et comment y remédier, il se leva et rejoignit ses disciples près de Bénares. Le Bouddhisme conquit progressivement toute l'Asie. Cette religion, ou façon de penser, qui n'avait aucun dogme précis, ni interdit sectaire, se vit peu encouragée, bien plus tard, quand de nouveaux conflits embrasèrent l'Inde du Nord. Si l'Indouisme et l'apologie de ses dieux guerriers prirent alors le dessus en Indes, la doctrine bouddhiste continua à progresser vers le nord, au Tibet, en Chine et au Japon, et vers le sud-est asiatique, à Ceylan, en Thaïlande, au Cambodge, etc...
Au nord elle se propagera sous une forme d'un panthéon qui intégrera la plupart des Dieux et Saints locaux. Au sud, elle gardera sa forme la plus simple et dépouillée. Dans les deux cas la pratique sera identique.
La tanka (peinture tibétaine) ci-aprés appelée "Roue de lavie" résume les phases essentielles de la doctrine et de sa pratique

On distingue successivement:
- La roue de la Vie est tenue dans les griffes du Dieu de la Mort "Yama"
- Les images du premier cercle représentent les douzes étapes de l'existence
- Les 5 mondes: des Dieux, des fidèles, des égoïstes, des enfers et des animaux
- Le choix fondamental du bien ou du mal
- La lutte contre les 3 péchés capitaux représentés par un coq, un cochon et un serpent